Le Parc naturel régional du Marais poitevin, gestionnaire de la Réserve naturelle régionale du Poiré-Sur-Velluire

LE PARC DU MARAIS POITEVIN, GESTIONNAIRE DE LA RÉSERVE NATURELLE RÉGIONALE DU POIRE-SUR-VELLUIRE


Préambule

Le Marais poitevin est une vaste zone humide de 110 000 hectares. C’est un site naturel hétérogène qui présente une multitude de milieux, de paysages et d’espaces préservés riches en biodiversité. On y retrouve de nombreuses prairies naturelles, parmi lesquelles nous comptons 22 marais communaux. Ce sont de grands espaces ouverts, en pâturage plurispécifique (c’est-à-dire avec différents animaux qui y cohabitent) et collectif (avec plusieurs éleveurs). C’est sur ces prairies que l’élevage côtoie une biodiversité remarquable : des oiseaux migrateurs (+110 000 oiseaux comptés chaque hiver de passage sur le Marais poitevin), des canards, des oies, des grues cendrées, des hérons, mais aussi des centaines d’autres espèces présentes sur le territoire, comme la Loutre d’Europe. Ces milieux accueillent aussi une flore protégée d’intérêt communautaire.

Aujourd’hui, toutes ces espèces dépendent de ces prairies naturelles. Notre objectif est d’améliorer la richesse biologique des milieux en cohabitation avec les activités humaines à l’échelle du Marais poitevin. Nous portons un regard attentif à toutes les espaces agricoles qui, comme les prairies naturelles, présentent un intérêt en matière d’environnement et de biodiversité.

C’est dans ce contexte et dans cet esprit, que le Parc est devenu gestionnaire de la Réserve naturelle régionale (RNR) du marais communal du Poiré-sur-Velluire. Pour y parvenir, nous déployons une panoplie d’actions.

Lire le portrait de Delphine Decoene, chargée de mission au Parc et conservatrice de la RNR

Un plan de gestion jusqu’en 2025

Une volonté forte de préserver cette prairie

Au Poiré-sur-Velluire, commune des Velluire-sur-Vendée, il y a toujours eu une dynamique de préservation du marais communal. Il avait été très tôt classé en « Réserve naturelle volontaire ».

  • Depuis 1989, nous sommes engagés aux côtés de la commune dans le cadre de la convention de préservation des marais communaux. Nous l’aidons dans la gestion pastorale, administrative mais aussi pour l’entretien et le financement d’aménagements.
  • En 2012, la commune a souhaité classer son communal en Réserve naturelle régionale (RNR).
  • C’est en 2020, pour le nouveau Plan de gestion, que le Parc naturel régional est devenu gestionnaire de la Réserve naturelle.

Des outils partagés et construits ensemble

Le Parc a réalisé les documents de gestion de la Réserve. La première étape, a été de réaliser un diagnostic très précis du milieu : de la biodiversité au fonctionnement agricole du site. Ensuite, nous nous fixons des objectifs qui se traduisent en plan d’actions sur une durée de 3 ans. Lors de la phase de concertation, tous les acteurs sont associés : les associations de protection de la nature, la Fédération de chasse, la commune ainsi que la dizaine d’éleveurs qui font paître leurs troupeaux sur le marais.

Le plan de gestion 2020-2025 a donc été partagé par tous et précise les actions à mener sur la Réserve. En tant que gestionnaire, nous sommes garants, dans le temps, d’une gestion qui assure la préservation de ces 241 ha de prairie et de la biodiversité qu’il abrite tout en maintenant le pâturage pratiqué depuis le XIIe siècle sur le site.

Les grandes orientations du plan de gestion

Le plan de gestion, 2020-2025 prévoit, notamment :

  • De favoriser en priorité la conservation des habitats et des espèces, notamment d’intérêt patrimonial. Il s’agit de maintenir des activités pastorales, une bonne gestion hydraulique et de préserver la quiétude nécessaire à l’accueil des oiseaux en hivernage, migration et nidification ;
  • D’améliorer les connaissances et faire des suivis naturalistes avec les partenaires. De nouveaux inventaires permettront de développer la connaissance du patrimoine floristique et faunistique du site ;
  • De sensibiliser le grand public. Il s’agit de faire connaître le site pour mieux appréhender ses enjeux à travers, la fête annuelle de l’ouverture du communal, des animations nature, le compte Facebook de la Réserve et bientôt une rubrique dédiée à la Réserve sur notre site internet.

Le marais du Poiré-sur-Velluire, une biodiversité remarquable

Avec ses 241 hectares, le marais communal du Poiré-sur-Velluire est le 3e plus grand du Marais poitevin en pâturage collectif. 145 espèces de plantes (dont 34 remarquables), 177 espèces d’oiseaux cohabitent, d’avril à décembre, avec les vaches, les chevaux et les oies.

 

Un milieu naturel spécifique

La prairie du Poiré-sur-Velluire présente un milieu naturel exceptionnel au niveau européen, la prairie subsaumâtre, qualifiés de « prés salés thermo-atlantiques ». Ces terres étaient autrefois recouvertes par l’océan et conservent, encore aujourd’hui, un taux de sel résiduel dans le sol, permettant le développement d’une flore adaptée et très spécifique, d’intérêt communautaire. Ces surfaces de prairies sont très rares en France et la moitié d’entre elles se trouvent dans le Marais poitevin.

Une micro topographie et des zones d’eau dans le communal

Depuis le communal, on observe une grande prairie à perte de vue. Mais en réalité, elle présente un microrelief avec des bosses, des buttes (les Mottureaux, le mystère restant à explorer à lire dans le portrait de Delphine Decoene, chargée de mission au Parc et conservatrice de la RNR), des creux (ou baisses)), dans lequel l’eau s’installe lors des pluies hivernales et où on retrouve des réserves de biodiversité, faisant le bonheur des canards, des oies, des limicoles, mais également des poissons qui pénètrent via le fossé pour se reproduire.

Les zones d’eau utiles et valorisées

L’eau est aussi la condition essentielle pour le développement d’une diversité floristique et faunistique (insectes, amphibiens, poissons, avifaune, etc.). Ces zones d’eau sont également bénéfiques pour l’agriculture. Pas seulement parce que l’eau permet le développement d’une flore plus diversifiée, mais également parce que la présence tardive de l’eau, couplée à cette microtopographie, va permettre une pousse échelonnée de l’herbe pour les animaux en pâturage. Cette topographie confère à ces prairies une rare richesse biologique et constitue un lieu de quiétude et une zone d’hivernage, de halte migratoire et de reproduction pour l’avifaune.

Les atouts de la Réserve naturelle régionale : quelles plus-values ?

Nous proposons une ingénierie pluridisciplinaire et des leviers de financements

Être gestionnaire d’une Réserve naturelle régionale, c’est aussi mobiliser ses services et son équipe technique avec son ingénierie et ses savoir-faire sur des thématiques diverses (biodiversité, paysages, éducation, administratif, etc.). En faisant le tour du communal, il est possible de rencontrer Delphine Decoene, qui est la conservatrice de la Réserve naturelle régionale du Poiré-sur-Velluire, recrutée par le Parc. Elle accompagne aussi les 21 autres communes propriétaires de marais communaux, sous la responsabilité de Xavier Barron, agent du Parc en charge de la gestion des sites naturels du Marais poitevin. Afin de réaliser les actions programmées, nous sollicitons des financements européens (50%), régionaux (40%) et communaux (10%)

Nous mettons en place des mesures pour favoriser la biodiversité

La prairie est gérée de manière à ne pas intensifier l’élevage. Elle est uniquement pâturée, il n’y a pas de fauche, pas d’engrais et les animaux ne reçoivent pas d’alimentation additionnelle. Les vaches et chevaux sont progressivement mis sur la prairie d’avril à juillet, et leur nombre est limité. Puis ils sont progressivement retirés, de juillet à novembre, en s’adaptant à la pousse d’herbe. Avec son classement en Réserve naturelle régionale, cette prairie est identifiée et reconnue. Elle n’a jamais été labourée et le but est de maintenir l’élevage extensif traditionnel. Des petits espaces, très humides ont été exclus du pâturage. Sur l’un d’entre eux, il s’agit de préserver une espèce remarquable et protégée au niveau national : la Salicaire à trois bractées. Un système de gestion hydraulique a été mis en place pour favoriser la présence des oiseaux d’eau, des canards, des poissons…

Salicaire à trois bractées – RNR Le Poiré-sur-Velluire – Crédit : Parc naturel régional du Marais poitevin / Delphine Decoene

Nous réalisons des travaux pour rendre pérenne l’activité pastorale sur le marais

Afin de pérenniser l’usage collectif du marais communal, des aménagements peuvent être financés :

  • Création d’un parc de contention permettant le tri d’un grand nombre d’animaux (jusqu’à 400 vaches et 18 chevaux présents sur les 241 hectares de prairie).
  • Réfection des clôtures du communal.
  • Réalisation d’abreuvoirs en empierrement (afin que les vaches ne remuent pas les sédiments du fossé et boivent une eau claire et ne dégradent pas les berges).

Nous facilitons la compréhension de ce milieu par tous
Ce marais est aussi un lieu très apprécié des habitants et peut présenter un intérêt touristique. C’est pourquoi il est prévu de financer trois plateformes d’observation réparties autour du communal et qui seront intégrées dans un sentier pédagogique pour mieux comprendre le site. Ces plateformes ont été pensées et prévus pour voir les animaux, les oiseaux, le paysage. L’une d’entre elles permettra d’observer l’une des plus grandes baisses, très appréciée des canards et des limicoles l’hiver.

Aller plus loin

Lire notre page Action – Les marais communaux du Marais poitevin
Lire – Portrait de Delphine Decoene, chargée de mission Environnement au Parc et conservatrice de la RNR
Page Facebook de la Réserve naturelle régionale du Poiré-sur-Velluire

 

Ils soutiennent cette action

Pour aller plus loin

Tous vos accès rapides pour obtenir plus d’informations
sur la structure du Parc naturel régional du Marais poitevin.

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