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Marais communaux du Marais poitevin

Le Parc agit en faveur des prairies naturelles des marais communaux du Marais poitevin, réservoirs de richesses insoupçonnées. Il coordonne le programme d’actions multi-partenarial de préservation des marais communaux depuis 1989.

Les marais communaux, de quoi s’agit-il ?

Les marais communaux sont de vastes étendues herbeuses. Propriétés des communes, ces prairies naturelles inondables, vouées au pâturage collectif, sont mises à disposition des éleveurs. Ces espaces, pouvant atteindre 300 hectares, représentent un patrimoine naturel économique et culturel unique. A l’échelle du Marais poitevin, ils accueillent 3 600 vaches et chevaux et une richesse écologique exceptionnelle.

Quelques chiffres
22 marais communaux
22 communes
3 600 têtes de bétails
2 119 hectares de prairies naturelles
600 espèces faunistiques connues (loutre, amphibiens, poissons, oiseaux nicheurs et migrateurs, etc.) et floristiques (Renoncule à feuille d’Ophioglosse, etc.).

 

A ce jour, il existe 22 communaux sur l’ensemble du Marais poitevin gérés en pâturage collectif.
Leur sol, pas complètement plat, est constitué de « baisses », vestiges des creux façonnés par le passage de l’océan et des fleuves, qui recueillent l’eau de pluie ; et de « belles », parties plus hautes elles aussi formées par le passage des eaux. Ces microreliefs forment différents habitats chacun constitué d’une flore particulière.

Les marais communaux trouvent leur origine dans les grands travaux effectués dans le marais il y a dix siècles. Autrefois ils appartenaient aux seigneurs, abbayes, etc., et pour la plupart ont été cédés aux communes à la révolution. Depuis, ces vastes espaces sont gérés par les communes de manière collective. Ils accueillent chaque année des vaches et chevaux appartenant à plusieurs éleveurs.

Les marais communaux du Marais poitevin accueillent une biodiversité remarquable. Plus de 240 espèces de plantes y sont présentes (étude de 2007) dont 57 sont patrimoniales : renoncule à feuilles ophioglosses, gratiole officinale, … Cette richesse floristique profite aux vaches et chevaux qui y pâturent. Les oiseaux migrateurs s’y installent pour s’alimenter et se reposer. D’autres espèces profitent du printemps pour s’y reproduire.

 

A quoi servent les marais communaux ?

 

Les marais communaux ont plusieurs rôles :

  • Paysager.
    Ces immenses prairies inondables d’un seul tenant, ouvertes ou boisées en périphérie, bordées de « huttes » (habitat local), constituent un paysage singulier du Marais poitevin. Ils comptent désormais parmi les reliques intactes des grandes surfaces de prairies recouvrant autrefois le Marais poitevin.

 

  • Biologique.
    Le Marais poitevin est situé sur l’un des principaux couloirs de migration pour les oiseaux entre l’Europe et l’Afrique. Certains marais communaux sont des prairies indispensables pour les oiseaux qui y trouvent, sur leur passage, nourriture et tranquillité. A la fin de l’hiver, canards, Oies cendrées, Barges à queues noires, Vanneaux huppés s’y rassemblent par milliers. Certains marais sont classés comme celui de Saint-Denis-du-Payré (Réserve Naturelle Nationale Michel Brosselin) et du Velluires-sur-Vendée (Réserve Naturelle Régionale du marais communal du Poiré-sur-Velluire). Le pâturage extensif et plurispécifique, la présence de l’eau dans les dépressions humides et les fossés, les haies, les types de sol (tourbe et bri subsaumâtre, etc.) sont autant d’éléments qui favorisent la présence de plus de 600 espèces faunistiques connues (loutre, amphibiens, poissons, oiseaux nicheurs et migrateurs, etc.) et floristiques (Renoncule à feuille d’Ophioglosse, etc.).

Sur cette vidéo – Avril 2020 – Marais communaux de la Vallée du Lay – Les carpes commencent à se reproduire dans les parties en eau des prairies du Marais poitevin. Ici, elles déposent leurs œufs dans la végétation.

  • Hydraulique.
    Répartis majoritairement dans les marais mouillés, les marais communaux participent au stockage des eaux de crues et à la purification des eaux.

 

  • Social et culturel.
    Dès leur création, les marais communaux sont mis à la disposition des habitants les plus pauvres, pour faire pâturer leurs animaux, chasser, pêcher, ramasser des champignons, etc. C’était un lieu d’échange et de rencontre mais aussi un lieu important pour subsister aux besoins des habitants. Aujourd’hui, les activités pratiquées sur ces milieux ont engendré des traditions et des coutumes locales : ouvertures festives, pâturage collectif, modes de pêche et de chasse… Ce sont des lieux de rencontre, de coopération et de gestion multifonctionnelle d’espaces sensibles.

 

  • Économique.
    Les éleveurs payent une taxe de pâturage aux communes pour mettre les animaux. Elle correspond à l’achat de l’herbe au prorata du nombre d’animaux mis par un éleveur sur le communal. Ces prairies sont aussi éligibles aux aides agricoles (Mesures agro-environnementales et climatique (MAEC), Droit au Payement de base (DPB), etc.).

Des espaces remarquables fragiles à préserver.

Un modèle vertueux de gestion agricole.

Sur ces territoires, l’homme a fait émerger un modèle de gestion agri-environnementale particulier. Le mode d’exploitation de ces prairies humides inondables reste inchangé : pâturage libre, collectif et plurispécifique. Celui-ci correspond à une mise en commun des troupeaux de différents éleveurs, qu’il s’agisse de vaches, de chevaux ou même d’oies, qui pâturent librement. Cette pratique ancestrale présente de nombreux avantages mutualisation des moyens, entraides des éleveurs, gestion par les communes, etc. Le pâturage de plusieurs espèces d’animaux, entretient une biodiversité singulière (sélection des plantes selon le type de bétail, ajustement du régime alimentaire selon la saison, etc.).
Les éleveurs amènent tous leurs troupeaux en avril et mai. En fonction de la ressource en herbe, les sorties des animaux vont s’étaler d’août à novembre.

Le sauvetage des marais communaux.

Au début du XIXème siècle, 60 prairies communales étaient comptabilisées, représentant 6 000 hectares. Au cours du XXème et surtout dans les années 1970-1980 de nombreux communaux sont vendus, labourés ou maintenus en prairies mais parcellisés. En 1989 face à la disparition de ces milieux, les acteurs locaux se sont mobilisés pour la sauvegarde des marais communaux.

Sous l’impulsion d’associations locales, le Parc naturel régional du Marais poitevin, les communes, le WWF et la Ligue pour la protection des oiseaux – LPO ont signé une convention de préservation de 13 marais communaux en gestion collectives. Depuis, cette convention a été renouvelée 2 fois (2003 et 2017), d’autres communes et acteurs ont rejoint cet engagement comme la Chambre d’agriculture.

Ce sont désormais 22 marais communaux concernés par cette convention, soit 2 119 ha de prairies.

Une action collective pour la préservation des marais communaux.

Maintenir les pratiques de gestion et la biodiversité de ces espaces.

Le Parc coordonne le programme multi partenarial de préservation des marais communaux depuis 1989. Il a pour but de maintenir les pratiques de gestion collective et plurispécifique et la richesse écologique des sites.

Il s’appuie sur quatre grands objectifs :
– Maintenir et augmenter les surfaces de prairies naturelles humides communales gérées en pâturage collectif
– Maintenir et améliorer les fonctions agro-environnementales des marais communaux (gestion des espèces, des habitats, du paysage, des activités humaines ou de l’eau)
– Valoriser et développer l’élevage des marais communaux
– Fédérer les gestionnaires des communaux autour d’un projet commun et durable à l’échelle du Marais poitevin

Une action collective.

Les 22 communes ont la charge de la gestion de leur marais : maintenir le pâturage collectif et plurispécifique, choisir les éleveurs, définir le chargement, déclarer les prairies (Politique agricole commune (PAC), Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), etc.), fixer la taxe de pâturage en fonction de leurs charges, engager les travaux d’entretien du marais, organiser le comité de gestion du communal, etc.
La Ligue pour la protection des oiseaux participe techniquement au programme (génie écologique, suivi biologique, etc.) et dans la valorisation des communaux auprès de différents publics.
Les chambres d’agriculture se sont engagées, depuis 2017, à assister les communes dans leurs démarches administratives dans le cadre de la déclaration PAC et des Mesures Agro-environnementales et Climatiques.

A cela s’ajoute différents partenaires :
les DDTM, les Groupements de Défense Sanitaire, les vétérinaires, deux éco-pasteurs (surveillance des troupeaux), l’Établissement Public du Marais Poitevin, les régions Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine, l’Association Vendéenne d’Équitation de Travail, les associations locales de protection de la biodiversité, les Syndicats mixtes hydrauliques, etc. En fonction de leur champ de compétences, ils participent à la préservation des marais.

L’action du Parc au cœur du programme Marais communaux.

« La commune s’intègre naturellement dans le territoire du Marais poitevin. C’est le Parc qui pilote le dispositif des marais communaux. Nous nous félicitons du concours concret du Parc. Il nous apporte une véritable aide depuis des années. »
Daniel Neau, Maire de Saint-Benoîst-sur-Mer

 

  • Le Parc anime ce programme d’actions et apporte aux communes un soutien administratif, financier et technique.

Soutien à l’élevage et valorisation des prairies naturelles des marais communaux : deux objectifs constituant les fondements du Parc. Le Parc, s’engage aux côtés des communes et des éleveurs pour faciliter l’exploitation et mieux préserver la biodiversité.

  • Le Parc aide les communes.

Des travaux réguliers sont nécessaires pour maintenir l’usage de ces espaces. Le Parc aide les communes techniquement et financièrement pour tous ces travaux afin de maintenir les activités pastorales et le bon état écologique des marais communaux. Il intervient pour la rénovation ou l’installation de parc de contention aidant à la manipulation et au tri des vaches, pour la restauration de clôtures ou d’accès aux prairies. Il peut également intervenir pour la restauration des fonctions hydraulique des prairies en installant des ouvrages de gestion de l’eau par exemple.

  • Le Parc organise des suivis biologiques pour mieux connaitre la biodiversité des communaux.

Le Parc organise notamment au travers de l’Observatoire du Patrimoine naturel du Marais poitevin plusieurs suivis biologiques. Des études ont été réalisée sur la flores des marais communaux. Elle a mis en avant une richesse liée aux micros-reliefs de ces prairies et à la diversité de marais communaux. Des études ont également été menées sur les insectes, et des suivis annuels sont réalisés sur les oiseaux migrateurs, hivernants et nicheurs.
Ces suivis permettent de mesurer l’évolution de la biodiversité mais aussi de protéger ces espaces accueillant un grands nombres d’espèces protégées.

  • Le Parc fait le lien entre les différents acteurs de ces sites.

De nombreux acteurs sont liés aux marais communaux : municipalité, éleveurs, habitants, associations de préservation de la nature, chambres d’agricultures, syndicat de marais, Établissements publics du Marais poitevin, associations de chasse, etc.
Il est donc important de pour tous ces acteurs de coopérer et de s’informer afin de maintenir l’ensemble des usages historique ainsi que de préserver la richesse de ces sites.
Pour cela, le Parc organise des rencontres annuelles afin de discuter de la gestion des communaux. Il publie des documents comme la « Lettre des marais communaux » qui fait état, annuellement, des différentes actions menées sur les 22 sites, des nouveautés réglementaires et sanitaires, des innovations de l’année, etc.

  • Le Parc informe et valorise.

Il est essentiel de valoriser l’importance de ces sites et les pratiques qui y sont menées. Pour cela, le Parc communique régulièrement (réseaux sociaux, bulletins municipaux, accueils de la presse sur les sites, tournages télévisés, etc.)

  • Le Parc sensibilise et anime.

La sensibilisation du grand public et des enfants est primordiale pour la conservation de ces sites et de l’environnement en règle générale.
Le Parc mène différentes actions en ce sens. Un exemple : installation des panneaux à l’entrée de chaque marais communal permettant de présenter le marais, ses particularités, son histoire et ses richesses. Ainsi les promeneurs peuvent mieux comprendre le rôle de ces praires remarquables.
Des animations sont également réalisées avec les écoles. Elles permettent aux enfants de se rendre sur les marais communaux et d’être sensibilisés à la préservation de l’environnement de ces sites emblématiques de leur territoire.

 

Pour aller plus loin

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