Poissons migrateurs du Marais poitevin

Enrichir la connaissance des espèces pour mieux les préserver.

Le Parc agit en faveur de la protection des poissons migrateurs du Marais poitevin

Le Marais poitevin s’étend de la côte atlantique jusqu’aux portes de Niort. Entre eaux douces et eaux salées, il est fréquenté par 9 espèces de poissons migrateurs.

Depuis 1979, le Parc naturel régional du Marais poitevin a mis en place des suivis pour les étudier. Il assure le suivi scientifique des poissons migrateurs pour mieux connaître leur évolution et ainsi contribuer à leur préservation. Il propose son conseil pour évaluer et prioriser les actions. Les propriétaires gestionnaires des barrages, eux, ont la responsabilité de garantir la continuité piscicole.

 

 

Pourquoi le Marais poitevin accueille des poissons migrateurs ?

Une zone humide

Le Marais poitevin, première zone humide de la façade atlantique, offre un important réseau hydraulique et des prairies inondables associées. Des milieux propices à la vie et la reproduction de nombreuses espèces de poissons sédentaires, mais aussi migratrices. Les poissons migrateurs font ainsi partie intégrante de l’écosystème du Marais poitevin.

Des espèces spécifiques à préserver

Grâce à une situation géographique privilégiée, tournée vers l’Océan atlantique et la Baie de l’Aiguillon, la Sèvre niortaise attire 9 espèces de poissons migrateurs qui vivent alternativement entre eau douce et eau salée.

Il s’agit de l’Anguille européenne (Anguilla anguilla), de la Grande alose (Alosa alosa), de l’Alose feinte (Alosa fallax), de la Lamproie marine (Petromyzon marinus), de la Lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis), du Mulet porc (Liza ramada), du flet (Platichtys flesus), de la Truite de mer (Salmo trutta trutta) et du Saumon atlantique (Salmo salar).
Si les aloses, les lamproies, le saumon et la Truite de mer remontent les cours d’eau pour s’y reproduire, l’anguille, le flet et le mulet colonisent les rivières pour y vivre et y grossir.

La plupart de ces espèces sont classées vulnérables voire en danger au niveau national et européen pour l’Anguille européenne, par exemple.

Programme « Poissons migrateurs » : une action collective de préservation.

Afin de restaurer ou de protéger les populations de poissons migrateurs, des actions sont menées, par le Parc ou ses partenaires (les gestionnaires hydrauliques), au cœur d’un programme d’actions appelé « Programme poissons migrateurs ».

Permettre aux poissons le franchissement les barrages.

Les actions portent principalement sur la restauration de la continuité écologique. En effet, un des principaux facteurs de déclin de ces espèces dans le Marais poitevin, reste le franchissement des barrages. Pour rappel, on ne compte pas moins de 594 ouvrages hydrauliques sur le territoire du Marais poitevin.

Ainsi, depuis le début des années 80, ce sont près d’une trentaine d’ouvrages hydrauliques qui sont soit manœuvrés pour être franchissables par les poissons ou équipés par les propriétaires gestionnaires de passes à poissons pour être conformes au déplacement des espèces.

Suivre les espèces pour mieux les protéger.

Le Parc met en œuvre plusieurs actions de suivis scientifiques de ces espèces. Ces suivis permettent d’approfondir la connaissance des poissons migrateurs présents dans le Marais poitevin et de les inventorier. Des informations essentielles qui permettent de répondre aux objectifs de préservation des espèces, à l’échelle locale et européenne.

Au niveau européen

Les données relevées par le Parc doivent contribuer à l’évaluation du plan de gestion anguille ; la Sèvre niortaise ayant été retenue comme rivière de référence (rivière index) du territoire du Comité de Gestion des Poissons migrateurs (COGEPOMI) Loire, côtiers vendéens, Sèvre niortaise.

En second lieu, l’action permet de participer aux actions du Plan de gestion des poissons migrateurs (PLAGEPOMI) en apportant sa contribution sur la connaissance des espèces concernées (Anguille européenne, Grande alose, et Lamproie marine) sur les bassins de la Sèvre niortaise et du Lay. Des transferts de données entre experts scientifiques des différents bassins du territoire du COGEPOMI enrichissent la connaissance sur les espèces. Ainsi, un des principaux objectifs de l’opération est d’aider à la préservation et à la restauration des espèces en offrant des outils d’aide aux décisions du PLAGEPOMI.

En savoir plus > Monitoring anguille dans le Marais poitevin – Site de l’Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin

Au niveau local

Les données sur la faune piscicole migratrice sont recueillies par le Parc au sein de l’Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin. Cet outil d’observation à long terme permet de juger de l’évolution de la biodiversité et de la pertinence des actions menées, à l’échelle du Marais poitevin. Ces données servent donc à la fois de support pour les comparaisons de résultats entre espèces et permettent également l’évaluation des actions mises en œuvre dans les Contrats Territoriaux de Milieux Aquatiques* (CTMA).

*Le Contrat territorial milieux aquatiques est un outil contractuel qui a été proposé par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne dans le cadre de son 9ème programme d’interventions (2007-2012) pour remplacer les contrats de restauration et d’entretien. Il a pour objectifs de réduire les sources de pollutions ou de dégradations physiques des milieux aquatiques.)

Chaque année, le Parc réalise différents suivis scientifiques

– Suivi des passes à anguilles
– Suivi des anguilles jaunes (anguille adulte) par pêche électrique
– Suivi des anguilles argentées (géniteurs) au niveau de pêcheries de moulins
– Suivi des frayères (zones de reproduction) des Grandes aloses et Lamproies marines
– Suivi des effectifs des « grands migrateurs » à la station de vidéocomptage du Marais Pin (Sèvre niortaise)

Extraits de la vidéo « Poissons migrateurs : le Parc améliore la connaissance pour mieux les préserver » :

> Suivi des passes à civelles – Marans – Les Enfreneaux.
Depuis 1984, une passe à civelle a été installée sur ce barrage à Marans. Les jeunes anguilles arrivent de l’océan pour coloniser le Marais poitevin. Un agent du Parc compte et pèse chaque jour les civelles qui remontent. Les civelles sont mesurées très minutieusement. Le Parc réalise des suivis similaires sur d’autres passes. En savoir plus > Suivi des civelles et anguillettes : Site de l’Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin.

> Pêche scientifique électrique – La Garette – Les Epineaux
Depuis 2002, le Parc organise des pêches électriques sur 27 sites au total. Les poissons sont immobilisés grâce à un faible courant électrique. Ce procédé permet de qualifier leur état sanitaire. Tous les poissons sont soigneusement relâchés dans leur milieu. En savoir plus > Suivi de l’Anguille jaune par pêche électrique – Site de l’Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin

>Suivi des anguilles argentées – Niort – Moulin de Bégrolles.
Depuis 2013, le Parc capture chaque année les anguilles argentées qui retournent se reproduire en mer. Après anesthésie, elles sont pesées et mesurées puis équipées d’une puce. Ceci permet d’estimer la population d’anguilles qui quittent la Sèvre niortaise. 11 000 anguilles en 2019. Elles sont ensuite relâchées pour rejoindre l’océan. En savoir plus > Suivi de l’Anguille argentée : Site de l’Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin.

> Suivi des grands migrateurs – Magné – Marais pin.
En 2006, une passe à poissons a été installée sur le barrage. Le Parc dispose depuis 2008 d’un système de vidéosurveillance. Un système composé de 2 caméras d’acquisition et d’une webcam. Il est installé dans une pièce étanche, face à une vitre. Ainsi, tous les poissons sont comptés 24h/24 tout au long de l’année. 294 aloses en 2019. En savoir plus > Stations de comptage des passes à poissons – Site de l’Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin.

 

En savoir plus

Pôle poissons – Observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin

Nous sommes partenaires

Le travail d’animation de ce programme d’actions « Poissons migrateurs » est basé sur un partenariat avec les acteurs concernés par cette thématiques : Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre niortaise – IIBSN, Syndicat mixte Vendée Sèvre Autize – SMBVSA, Syndicat mixte Bassin du Lay – SMBL, Syndicat des eaux 3 Rivières – S3R, Syndicat mixte des rivières et marais d’Aunis – SYRIMA, Fédération de pêche de Charente-Maritime, Fédération de pêche des Deux-Sèvres, Fédération de Pêche de Vendée, Office français de la biodiversité – OFB

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